jeudi 13 mars 2014

Critique BD : Du côté du 9e Art.


J’ai toujours aimé donner mon avis sur les choses que j’aime, même celles que je n’aime pas d’ailleurs. Et depuis le temps que je m’intéresse à la BD j’ai toujours eu l’envie de faire des critiques qui me tiquait. Alors je me lance. Je vous préviens de suite, je suis loin d’être un expert, je roule ma bosse dans le milieu en lisant régulièrement des Albums mais vous n’aurez ici qu’un avis critique de lecteur, de plus je ne suis pas expert non plus dans l’art de la plume (ou plutôt du clavier), mais j’espère que cela vous plaira tout de même !

Sur ce, commençons ! Aujourd’hui : le tome 8 des Notes de Boulet, les 24 heures.


Boulet est un auteur que j’apprécie énormément, déjà petit quand je lisais Tchô je lisais du boulet sans même m’en rendre compte –  en effet quand on est gosse on sait vaguement que quelqu’un dessine les BD mais quand à savoir qui sait ça en général on s’en tape le coquillard – Et c’est depuis maintenant 3-4 ans que je reconnais qui il est et que mes souvenirs du Mia et de la Rubrique Scientifique ont un créateur que je reconnais. Et depuis lors je n’ai de cesse de suivre avec assiduité chaque sortie de ses Notes, mais j’avoue qu’avec le temps, je lis que très peu régulièrement son blog.

Et nous voilà donc rendu au tome 8 où Boulet nous parle via son avatar dessiné des 24H de la BD. Evènement important maintenant si il en est, lancé en France par Trondheim il y a quelques année et par-delà l’Atlantique par Scott McCloud. Le principe de ces 24H, pour ceux qui ne connaîtrait pas, est simple. Juste avant l’ouverture du festival de la BD d’Angoulême les auteurs se réunissent, Trondheim lance un thème avec une contrainte et dans la plupart des cas sauf exception les dessinateurs ont 24H pour réaliser 22 planches plus une couverture et un dos. Autant dire que cela ne plaisante pas et nous en avons un témoignage dans ce tome 8 des Notes où Boulet en profite pour nous expliquer, un peu à la façon de Scott McCloud d’ailleurs, les tenants et aboutissants d’un tel défis, mais aussi ses habitudes, ce qu’il a découvert sur son travail d’auteur, mais bien évidemment aussi ses craintes et ses théories habituelles que l’on retrouve dans ses autres tomes.


Mais la surprise de ce tome 8 est surtout la présence de 7 histoires faites durant les précédentes 24H de la BD. Chacune entrecoupées du fil rouge commun coutumier des Notes de Boulet et amenant naturellement à chaque nouvelles histoires suivant le thème imposé. Ces 7 petites histoires sont, personnellement, très bien fichu. C’est fascinant de voir ce que Boulet a su faire en un laps de temps si court, que ce soit en dessin comme en scénario. Car en effet trouver en moins d’une heure une histoire et comment la développer en 22 planches et ceux en moins de 24H c’est vraiment du sport, c’est, je trouve, le genre d’expérience qui te prend aux tripes et fait réfléchir sur ses propres qualités d’auteur, ses envies, mais surtout de savoir jusqu’où on peut aller.

Mais revenons sur les 7 petites histoires, comme d’habitudes chacune d’elles traite des rapports humains, sont complètement fictionnelles et flirts pour pas mal d’entre elles de très près avec le fantastique. On se laisse complètement emporter par la mini trame scénaristique et les personnages. Le style ‘’petit trait’’ (ça donne du volume), que personnellement j’affectionne beaucoup, fonctionne toujours autant, les ambiances sont bien menées et je suis toujours impressionné par ses cadrages, tout simple mais servant à merveille ses histoires.

Personnellement mes deux chouchoutes sont Boule de neige et Le Ténébreux. Qui sont des preuves flagrantes de ce que j’aime chez Boulet : sa manière de jouer avec des choses simples et d’en faire une histoire fantastique qui fonctionne tout en étant délirante. Un serial lanceur de boules de neige et un type qui est l’incarnation même de la ténébritude au point de faire apparaître des textes off ! Le truc de dingue quoi !


Maintenant parlons de ce qui se passe entre les histoires. Comme je le disais plus haut chaque histoire est introduit par le fil rouge du tome, Boulet nous y parles tour à tour d’un trait caractéristique d’auteur de BD, la manière de gérer son temps, le fait qu’être libre de dessiner ce qu’on veut ne sert pas forcément l’imagination, au contraire ou encore les clichés graphiques comme le fait de dessiner un téléphone à cadran alors qu’on est né en plein période des téléphones sans fil et qui nous vient simplement de notre mémoire visuelle par exemple.  Chaque sujet abordé découle naturellement sur un thème imposé lors des 24H suivante et mettant très souvent notre auteur dans les soucis.

En bref, ce tome 8 fait bien plaisir, on se prend dans les récits, dans les délires et ce que j’ai vraiment aimé avec celui-ci c’est qu’il donne réellement envie de créer des histoires. De se lancer complètement. Et même pour moi de tenter les 24H un jour. Donc je ne peux que vous conseiller grandement ce tome 8 comme tous les autres tomes avant* et si vous n’avez pas les moyens, allez sur le blog ! Vous ne le regretterez pas. 

*Pas cher.

Et comme d’habitude on finit en chansons !


BYE NEEEEEEEEEEEE /o/

1 commentaires:

Mopral a dit…

Bonne idée, ces critiques, et ça nous oblige à avoir un peu plus d'objectivité sur ce qu'on lit ;)

Perso, j'ai découvert Boulet il y a 2 ou 3 ans, et je suis absolument fan de son travail, et je le considère comme ce qu'on peut appeler un "génie" dans son domaine (comme Alexandre Astier ou François Descraques, je trouve). Il suffit de voir sa note sur le "monde de pixel" avec Stephen Hawking pour s'en convaincre

Cette compilation des 24h de la BD est effectivement un bon condensé de son talent, et j'ai personnellement une préférence pour Le Diner de famille, et Le voyage dans le temps (c'est pas les noms exactes, mais bon x) ).

A lire et relire sans problème :)

Enregistrer un commentaire

 
Copyright © 2010 Le Porte-Folio | Design : Noyod.Com